Description
Au Maroc, la croyance selon laquelle regarder trop un bébé peut engendrer le mauvais œil est profondément enracinée dans la culture populaire. Cette superstition trouve ses origines dans des traditions ancestrales, où le regard était perçu comme un vecteur de pouvoir, capable d'influencer la santé et le bonheur des enfants. Bien que ses racines exactes soient difficiles à tracer, cette croyance est attestée depuis plusieurs siècles, probablement depuis le Moyen Âge, lorsque les mœurs et les superstitions ont commencé à se formaliser dans le folklore marocain. Le mauvais œil, ou "el ‘ayn", est souvent considéré comme le résultat d'une jalousie ou d'une admiration excessive, qui peut entraîner des conséquences néfastes pour le nourrisson. Cette croyance symbolise également la fragilité de la vie et la nécessité de protéger les plus vulnérables. Dans la vie quotidienne, cette crainte se manifeste par une vigilance accrue des parents et des proches envers les regards des étrangers.
Pratiques
Pour se prémunir contre le mauvais œil, les Marocains adoptent plusieurs pratiques. Par exemple, il est fréquent d'utiliser des amulettes, comme le "khamsa" ou la main de Fatma, qui sont censées offrir une protection spirituelle. Les parents évitent également de montrer leur bébé à des personnes qu'ils ne connaissent pas bien, et peuvent murmurer des bénédictions ou des prières après qu'un étranger ait admiré l'enfant. Ces gestes de protection sont souvent intégrés dans la routine quotidienne, notamment lors des visites familiales ou des rassemblements communautaires.
✦ Symboles
Les symboles associés à cette croyance incluent la main de Fatma, qui symbolise la protection, ainsi que les yeux, souvent représentés par des motifs sur des bijoux ou des vêtements. Les couleurs telles que le bleu clair sont également considérées comme porte-bonheur et protectrices contre le mauvais œil.
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